De la manière la plus succincte possible, je vais présenter les différentes étapes pédagogiques d'un cours de surf. Elles vont permettre à l'élève surf de devenir autonome puis d'améliorer son niveau technique.
Les étapes en surf
Phase 1 : les bases
Apprentissage des gestes et des postures de base du surf, elles permettent de glisser équilibré sur sa planche tout en ayant une mobilité optimale :
- Le milieu marin, savoir se placer dans la zone adaptée à son niveau, évoluer dans une zone trop difficile ne permet pas de progresser, utiliser la planche adaptée, thèmes évoqués dans un précédent article.
- Les règles de base qui garantissent la sécurité du pratiquant ainsi que des autres surfeurs, on se souvient de la scène de Brice de Nice.
- La position d'équilibre allongée, les clefs techniques pour trouver la bonne position quelle que soit la planche utilisée.
- La prise de mousse et la position optimale des mains à plat sur la planche : il est consternant, depuis 20 ans, d'entendre répéter dans les formations au brevet d'état de surf que les mains doivent être placées sous les épaules !!
- Le redressement le plus dynamique possible, selon ses capacités : pourquoi poser le genou quand fluidité et souplesse sont les clef d'un redressement efficace, et que la personne a les capacités de le faire !
- Techniques de base pour conserver la vitesse, et donc la glisse et l'équilibre, jusqu'au bord.
- La prise de direction en utilisant le regard et le haut du corps. Le bras avant, et plus précisément sa main, servent au surfeur de viseur.
Phase 2 : les vagues
- Connaissance des règles de sécurité, de priorité et de convivialité à l'eau.
- L'apprentissage de la rame et des manœuvres directionnelles au large, passer la barre, se retourner rapidement, etc. : là-aussi, certains surfeurs et professionnels vous diront qu'il faut serrer les doigts pour ramer, c'est n'importe quoi. Se référer à cet article de Surf Prévention sur les techniques de rame.
- Le take-off en haut de vague, dans de petites conditions tour d'abord, tout droit puis légèrement en travers : lecture des vagues, timing, rapidité d'exécution comme clefs de la réussite.
- Lire le sens du déferlement puis réussir à longer les vagues, de préférence dans le bon sens !
Phase 3 : la prise de vitesse ondulatoire
- Adapter sa trajectoire au déferlement de la vague pour réussir à la surfer jusqu'au bout : coordination des phases de flexion et de poussée sur les jambes (vitesse), avec le haut du corps dont le rôle est essentiellement directionnel.
- Maîtrise de la prise de vitesse ondulatoire : flexion dans la descente, poussée sur le rail pour effet planant remontant, avec alternance rail/plat de la planche. Une prise de vitesse efficace joue avec la hauteur de la vague.
- Apprentissage du canard, si le volume de la planche le permet : il va sans dire qu'une planche qui flotte beaucoup aura du mal à s'enfoncer sous l'eau. Il y a là une double difficulté, technique, mais aussi d'analyse du milieu. Il faut savoir jauger la vitesse avec laquelle la vague ou la mousse arrive sur vous pour être en mesure de déclencher le canard au bon moment.
Phase 4 : les manœuvres
- Pour accéder à cette étape, le surfeur a développé des capacités physiques et techniques qui lui permettent d'utiliser une planche un peu moins volumineuse. Mais pas forcément car la clef des manœuvres se trouve dans la vitesse générée, aussi est-il possible de faire un roller avec un longboard. Réduire la longueur de rail permet néanmoins de raccourcir les trajectoires et de serrer les virages plus facilement.
- Laisser finir les trajectoires pour un meilleur rayon d'action dans le bottom turn, accepter de viser la plage dans la descente, avec pour objectif des virages plus serrés, une plus grande verticalité de l'angle d'attaque de la planche.
- Le rentry en fin de vague, première initiation aux manœuvres en haut de vague : l'acquisition de la vitesse + la capacité à diriger la planche où je veux + la maîtrise de la poussée sur les jambes en bas de vague = la planche va s'appuyer et pivoter sur la mousse ou la lèvre de la vague.
- Maîtrise du pivot en haut de vague : anticipation de la rotation regard bras + transfert d'appui sur l'avant = roller. La difficulté étant de ne pas couler l'arrière (poids trop sur l'arrière dans la phase de pivot) et de planter le rail par manque de vitesse, mauvais transfert d'appui ou rotation trop tardive du buste.
- Savoir alléger sa planche, avoir des appuis prolongés, va permettre d'apprendre de changer de rail, pour revenir vers la mousse lorsque la vague ramollit : manœuvre de replacement qui préfigure l'apprentissage du cut back.
- Le floatter est techniquement plus accessible car la trajectoire est moins serrée que pour le roller, cette figure nécessite surtout une bonne lecture de la vague et reprend les habiletés techniques nécessaires aux figures pré-citées. Attention, par manque de vitesse ou d'anticipation pour déclencher la redescente, que la planche ne vrille pas sous les pieds, ce qui peut se solder par un coup dans les côtes.
- La clef de la réussite pour l'aérial : vitesse + capacité à viser le point en haut de vague qui servira de tremplin + allègement-poussée en haut de vague (nécessité de s'être à nouveau regroupé en haut de vague) + viser un point un peu plus haut pour prolonger le pivot amorcé dans la poussée + transférer le point sur le pied avant + être suffisamment relâché en bas de vague pour absorber le choc de l'atterrissage et l'accélération de la planche (souvent, le surfeur chute en arrière).
- Plusieurs éléments clef pour que le surfeur réussisse à tuber : il lui faut deviner qu'à tel endroit, la vague va former un tube, en lisant les variations de creux dans la face de la vague ; ensuite, il doit posséder des mouvements techniques réflexes afin d'adapter spontanément sa trajectoire, mais aussi sa vitesse, et se placer ainsi dans la poche au moment où la lèvre jette en avant. Il existe des techniques pour freiner afin de n'être pas trop en avance, et d'autres pour accélérer dans le tube, puisqu'un tube validé doit recouvrir le surfeur et le voir ressortir.
- Il existe d'autres manœuvres ou variations, telles que le tail slide : le surfeur transfère tout son poids sur la jambe avant et tend la jambe arrière pour faire déraper le tail de la planche. Le centre de gravité vient ainsi plus vers l'avant de la planche, ce qui permet de faire déjauger les dérives.
Surf coaching
La technique de l'activité
- Sur la plage en observation du milieu et par la mise en place de consignes adaptées aux conditions du moment. Dans un cours de surf, c'est souvent l'océan qui donne le thème de séance.
- Et dans l'eau, par un travail de réadaptation posturale constante, due aux variations incessantes du milieu (chaque vagues est différente, les conditions changent avec la marée), et de répétition des gestes techniques.
Le training hors de l'eau
Les valeurs du surf
S'il choisit la compétition, il peut en outre vouloir se dépasser en se mesurant à ses confrères. Toutefois, lorsqu'il s'entraîne, il doit respecter les autres surfeurs, amateurs, en présence dans l'eau. Leur prétention à s'améliorer ne doit pas être dépréciée sous prétexte qu'ils ne participent pas aux compétitions.


