Capbreton-Hossegor-Seignosse : un terroir surf incomparable
Le surf s’accommode mal des contraintes horaires mais également géographiques.
En effet, les bancs de sable et spots de surf se fichent pas mal de la limite intercommunale et se placent là où les éléments naturels les ont conduits. C’est pourquoi il est si difficile pour les mairies de réglementer la plage afin d’assurer la sécurité des baigneurs et de limiter le nombre d’écoles de surf au plus fort de la saison.
C’est aussi la raison pour laquelle, à la Ki Surf School, j’ai choisi la mobilité, afin de trouver le meilleur spot de surf au meilleur moment. Plantez votre drapeau en face d’un spot : une heure plus tard, les vagues se seront décalées vers la gauche ou la droite, du simple fait de la variation de marée.
Par ailleurs, certaines zones sont prisées par les surfeurs en raison de particularités géographiques propices au surf, tant par la qualité des spots que par leur diversité. C’est ainsi qu’à propos de Capbreton-Hossegor-Seignosse, on peut parler de terroir surf.
Une conjonction naturelle et humaine
Ce terroir est lié à la conjonction de particularités géologiques et d’aménagements humains. Quelle que soit la taille des vagues — sauf houles hivernales énormes — il existe presque toujours une plage abritée de la houle, parfois du vent, offrant des vagues de dimensions modestes.
Ainsi, au sud de la digue de Capbreton, protégées par l’Estacade puis par des épis rocheux, les plages Centrale, Prévent et Santocha proposent des vagues plus petites qu’ailleurs. Du nord au sud, la taille des vagues va ensuite en croissant et plus on se rapproche des blockhaus de la plage de La Piste, plus les vagues redeviennent puissantes.
Au nord de la sortie du port de Capbreton, se trouvent également des plages offrant des vagues plus petites qu’ailleurs : la plage de Notre-Dame, puis avec le début de Hossegor, la Plage Sud.
Le rôle déterminant du Gouf de Capbreton
C’est là qu’entre en jeu une spécificité géologique majeure de Capbreton : le Gouf, une faille sous-marine qui, à 1500 mètres du rivage, plonge déjà à 100 mètres de profondeur pour s’enfoncer progressivement jusqu’à 3500 mètres, dans les abysses que l’on dit fréquentées par le Kraken.
C’est sur la tête du Gouf que vient s’amonceler le sable permettant, par grosse houle, à la vague de La Nord de déferler en face de la plage centrale de Hossegor. Cette remontée du fond au large, combinée au courant de sortie de baïne, atténue la houle qui casse une première fois au large avant d’arriver affaiblie sur la plage sud, parfois trois fois plus petite.
Mais le Gouf agit aussi comme un haut fond, à la manière des îles hawaïennes. La houle n’est pas freinée par le plateau continental : la profondeur du canyon permet à la vague d’arriver à pleine vitesse, engendrant des vagues particulièrement creuses, propices aux tubes, sur les plages de Capbreton et d’Hossegor, de la Centrale aux Culs-Nus, en passant par le mythique spot de La Gravière.
Seignosse, la longueur des vagues
Plus au nord, à Seignosse, les vagues sont à la fois plus grosses et plus douces, ce qui peut paraître paradoxal. Les bancs de sable y sont beaucoup plus vastes et le plateau continental tombe très progressivement.
Les vagues s’y forment loin du rivage avec moins d’intensité qu’à La Gravière, par exemple, et arrivent au bord après avoir perdu une grande partie de leur énergie. Elles sont donc généralement plus longues, permettant la réalisation de tout l’éventail des manœuvres du surf.
Ainsi, la richesse d’un terroir surf permet à chaque surfeur de trouver la vague correspondant à son niveau technique, à ses goûts et à sa condition physique. Capbreton présente un profil plus urbain, Hossegor une continuité structurée, et Seignosse des plages sauvages dont le regard ne peut embrasser la fin, avec une myriade de spots sur une dizaine de kilomètres à peine.
Ce n’est pas un hasard si l’une des étapes du championnat du monde de surf s’est longtemps déroulée entre Capbreton, Hossegor et Seignosse, contribuant à la renommée de ces trois villages qui, surfistiquement, n’en font qu’un.
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