Comment passer la barre sans se fatiguer et sans gêner les autres surfeurs?
L'observation
Avant de se jeter à l'eau, le surfeur doit observer le milieu : topographie de la plage, accidents de terrain, facteurs météorologiques, les surfeurs à l'eau également fournissent certains indices.
Identifier les courants
Dans les Landes, les vagues déferlent sur un banc de sable encadré par des baïnes, zones plus profondes qui ne permettent pas aux vagues de se former (sauf conditions de mer forte, l'horizon est alors barré par de longues lignes de houle). Sur les côtés du banc de sable, en bordure de ces baïnes, on identifie des "tâches de jus", de la mousse et des remous forment un courant de rivière qui va emporter le surfeur vers le large en lui faisant contourner la zone des vagues. Les baïnes sont l'équivalent du lagon pour la barrière de corail, par un passage étroit, le lagon se vide en permettant au surfeur de gagner le large.
Identifier les obstacles, humains et naturels
Les cinq règles d'or
Je ne lutte jamais contre le courant, je l'utilise : pour passer la barre, pour gagner le pic, pour préserver ma sécurité. Par exemple, si le courant me déporte vers un épis rocheux, que ce dernier est proche et que je suis à bout de forces, je laisse le courant m'emporter au delà de l'obstacle et sors de l'eau sur la plage suivante.
Je ne panique pas : combien de surfeurs escaladent ces mêmes épis rocheux battus par les vagues, paniqués, exténués, alors qu'il leur eut suffi de laisser le courant les déposer au delà de la zone de danger.
J'évalue les risques par rapport à mon niveau technique et ma condition physique : comme tout sport de nature, arrive un moment où le surfeur doit s'incliner devant l'élément. Lorsque vent, vagues et courant sont plus puissants que d'ordinaire, il serait prudent de questionner ses capacités avant de se jeter à l'eau. Il existe peut-être des spots de repli, moins hostiles.
J'anticipe les risques et les contraintes : si je surfe dans une baie et que la côte est ensuite barrée par des falaises infranchissables, je ne peux me permettre d'être emporté par le courant car je ne trouverai-là aucun abri pour sortir de l'eau. Aussi, je commence à ramer vers la plage bien avant d'atteindre le point critique, afin d'anticiper la dérive latérale. Le surfeur ne pense pas toujours à la sortie de l'eau, lorsqu'il sera fatigué.
Pour gagner du temps et de l'énergie, je demande conseil auprès de ceux qui connaissent, surfeurs, professionnels, écoles de surf.
L'entrée et la sortie de l'eau
Par temps calme ou drapeau vert, les phénomènes de courant et de shore break sont réduits à leur minimum. Par contre, lorsque la mer est agitée, la zone du bord peut devenir une zone à risque.
La baïne, endroit indiqué pour passer la barre, du fait que le fond y tombe de manière abrupte, offre aussi quelques contraintes : passés les premiers mètres, le surfeur ne rencontre plus aucune vague. En outre, spécialement par mer forte, une vague de bord casse directement sur le sable. Il convient alors d'entrer et de sortir de l'eau au bon moment, entre deux séries de vagues.
Dans les baïnes, endroit de la plage où la pente est la plus abrupte, la baignade est souvent dangereuse car les vagues tour à tour frappent le baigneur et l'empêchent de remonter sur la plage.Le surfeur qui est rentré au mauvais moment ne pourra faire le canard pour passer sous les vagues, du fait de leur puissance en une zone où l'eau se retire presque complètement. Le risque là est que la planche, en faisant des va et vient au rythme des vagues, ne lui revienne dessus, porté par l'alternance vague-courant.
Il en va différemment pour le banc de sable : ce dernier s'étire en pente douce vers le large, si bien que les vagues roulent du fond vers le bord en perdant de la puissance et arrivent sur le sable sous forme de mousse. Toutefois, à marée haute, le banc de sable peut lui aussi connaître une vague de shore break qui vient briser avec force sur le sable.
La sortie de l'eau doit donc elle aussi être anticipée : le courant, l'évolution de la marée vont faire que le surfeur ne sortira pas toujours à l'endroit idéal. S'il atterrit en zone de shore break, il doit pour sortir de l'eau attendre à un mètre du bord le moment le plus calme. Une technique consiste alors à ramer dans le sillage de la vague avec un temps de retard pour être déposé par l'ondulation sur le banc de sable. Il est conseillé de s'essayer à cette technique tout d'abord sans la planche, dans de petites conditions, car cela requiert un minimum d'aisance aquatique.
Lorsque la plage est constituée de rochers, la zone d'entrée et de sortie de l'eau est souvent circonscrite et le timing doit être parfait, sous peine d'être rabattu sur la roche.




