Surf coaching 25/06/2022

Les règles non écrites du surf, niveau avancé, part 3

1. Snakeur et bloqueur

 

Le surfeur A est prioritaire sur le surfeur B. En ramant pour attraper sa vague, il va se rapprocher du bord et laisser ainsi un espace vacant dans lequel le surfeur B va s'engouffrer pour se placer plus à l'intérieur et réclamer à son tour la priorité.
Pour éviter ce genre de manœuvres de contournement, dîtes de snaking, on considère ceci : le surfeur prioritaire marque son intention d'utiliser sa priorité, sur la vague qui approche, en ramant. Ainsi ne doit-il plus se préoccuper des petits malins en embuscade sur les côtés.
 
Par contre, s'il rate cette vague, il perd la priorité au bénéfice d'un autre. Combien de fois voit-on un surfeur faire mine de démarrer sur chaque vague de la série, n'en prendre aucune, et continuer de revendiquer la priorité sur les autres surfeurs. Ils n'ont pas pris cette succession de vagues car le surfeur A indiquait constamment sa volonté de partir, étant de surcroît prioritaire, et ces vagues que personne n'a pu les surfer ont ainsi été gâchées. Par sa position de priorité, dont il a abusé, ce surfeur a bloqué le pic à son seul profit, empêchant inutilement les autres surfeurs.
 
Pour quels motifs : les yeux plus gros que le ventre. Placé trop loin du bord, lorsqu'une grosse série arrive, le surfeur A se doute qu'il ne pourra pas démarrer mais il essaie quand même, on ne sait jamais sur un malentendu, au lieu de laisser leur chance aux surfeurs placés de manière plus avantageuse. Autre raison de son échec, il peut s'être dégonflé au dernier moment car la vague semblait trop hostile. Ce qui ne l'empêche nullement de continue de ramer pour attraper les suivantes.
 
Lorsque le surfeur bloque le pic, une manœuvre de contournement devient légitime pour acquérir à son tour la priorité, cela évite de taxer et de devoir argumenter par la suite.
 
Au regard de ces règles de bon sens, il convient de bien réfléchir avant de ramer sur une vague, car s'il arrive à tout le monde de rater une vague, il vaut mieux éviter de répéter trop souvent cette erreur car cela va gêner et irriter les autres surfeurs. Au minimum, le surfeur engagé à la rame sur une vague, qu'il va visiblement rater, doit dire au surfeur placé plus bas de prendre la vague : "Vas-y, prends la vague !". Trop souvent, le surfeur rame, rame, rame, à chaque tentative échoue, reste au pic en position de priorité, comme s'il était seul à l'eau, et ainsi de suite jusqu'à ce que quelqu'un s'en agace.
 
 
 
 

2. Les différences de niveau à l'eau

 
Au bout de quelques années de pratique, un surfeur peut se trouver être le meilleur surfer sur le spot à un moment donné : sa connaissance du milieu, la puissance de sa rame et son niveau technique lui permettent d'attraper toutes les vagues s'il le souhaite.
 
Il est évident qu'un bon surfeur ne va pas s'empêcher d'aller se placer au pic lorsque les autres surfeurs, moins forts ou engagés, sont éparpillés plus bas dans la vague à un endroit où elle est plus petite. Le pic est le pic et le but du surfeur reste de surfer la vague de son commencement à sa fin.
 
Là encore, le surfeur, rassasié de vagues, peut lâcher du mou et partager quelques vagues, mais aucune règle ne vient restreindre le bon surfeur. Il en a bavé pour en arriver là et le débutant qui va se frotter à de bons surfeurs sur un pic parfait prendra peu de vagues. Il faut se mettre à la place du surfeur expérimenté. S'il observe un débutant ramer sur de nombreuses vagues sans jamais démarrer, il ne va pas passer une demi heure à lui faire des politesses, ces vagues il va vouloir les prendre et tant pis si à la quinzième, le débutant réussit enfin à démarrer.
 
D'où une recommandation pour le débutant qui veut surfer un spot parfait avec du monde à l'eau. D'abord, il ne doit pas se surestimer. Si les vagues sont trop creuses pour lui, il ne parviendra pas à rivaliser avec les surfeurs experts. Techniquement, physiquement et psychologiquement, il aura trop de paramètres à gérer. Il serait plus judicieux qu'il s'exerce encore sur des vagues faciles et moins saturées de monde.
 
En outre, s'il se sent capable de surfer de telles conditions, il doit adapter son comportement en conséquence : lorsqu'il ramera pour prendre une vague, il ira jusqu'au bout de sa démarche et fera son take-off, quitte à tomber plus loin. Si la plus belle vague de la série arrive, qu'il se positionne de manière prioritaire, rame dessus et rate la vague par manque de rame ou de courage, les autres surfeurs lui en voudront. La prochaine fois, ils partiront sans s'occuper de lui car les bombes de la série ne sont pas légion et ne doivent donc pas être gâchées.
 
Dans des conditions de surf clémentes, le surfeur un peu délicat laissera des vagues au débutant tandis qu'un autre voudra l'écraser de toute la puissance de son égo. C'est ainsi qu'on entendra un surfeur médiocre déclamer : "je me suis gavé, il y avait que des blaireaux à l'eau". Il oublie qu'il a été débutant lui aussi et que dans d'autres circonstances, il pourrait devenir lui-même le blaireau de nombreux surfeurs bien meilleurs que lui !
 
La voiture rend l'automobiliste ivre de lui même, exécrable et de mauvaise foi, il en va de même en surf pour de nombreux individus. Mais dans un cas comme dans l'autre, il ne faut pas généraliser et le surfeur sympa, respectueux et poli n'a pas encore disparu !
 

3. La sur-saturation

 
Un spot parfait où la vague lève constamment au même endroit est vite saturé de monde. Serrés sur une zone étroite, les surfeurs se retrouvent vite au coude à coude, les uns sur les autres. Cela engendre inévitablement de la dangerosité, de la tension à l'eau, des comportements compétiteurs puis franchement irrespectueux.
 
Lorsque j'observe un spot depuis le bord, je me mets à la place des surfeurs déjà placés au pic : si je me rends compte qu'il y a déjà trop de surfeurs par rapport au nombre de vagues, j'évite de les rejoindre. A quoi bon entrer dans l'eau, je vais grossir le nombre déjà important d'individus, rajouter de la dangerosité, de la tension et sortir de l'eau frustré car je n'aurai pas pris mon comptant de vagues ou surfé dans des conditions stressantes.
 
Si les surfeurs continuent de s'agglutiner au même endroit en colonie de phoques, il existe certainement une autre plage plus calme, où les vagues sont peut-être de moindre qualité mais en outre moins surpeuplées.
 
 

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