Surf coaching 25/06/2022

Passer la barre

Comment passer la barre sans se fatiguer et sans gêner les autres surfeurs?  

 

L'observation

 

Avant de se jeter à l'eau, le surfeur doit observer le milieu : topographie de la plage, accidents de terrain, facteurs météorologiques, les surfeurs à l'eau également fournissent certains indices.

 
A éviter : je me mets à l'eau en face du pic, au lieu de contourner les vagues. Non seulement, je vais avoir du mal à passer la barre car je m'engage là où il y a le plus de vagues à franchir mais en plus, je vais arriver en face de la zone de take-off et trajectoire des autres surfeurs, que je vais gêner dans leur évolution sur la vague.
 
 

Identifier les courants 

 

 

Dans les Landes, les vagues déferlent sur un banc de sable encadré par des baïnes, zones plus profondes qui ne permettent pas aux vagues de se former (sauf conditions de mer forte, l'horizon est alors barré par de longues lignes de houle). Sur les côtés du banc de sable, en bordure de ces baïnes, on identifie des "tâches de jus", de la mousse et des remous forment un courant de rivière qui va emporter le surfeur vers le large en lui faisant contourner la zone des vagues. Les baïnes sont l'équivalent du lagon pour la barrière de corail, par un passage étroit, le lagon se vide en permettant au surfeur de gagner le large.

A Capbreton, où se trouvent des digues rocheuses, le même Effet Venturi, que l'on observe en bordure de banc de sable, crée un courant sortant le long de ces épis rocheux, qui entraîne le surfeur au fond tout en atténuant la puissance des vagues à cet endroit précis. On observe le même phénomène souvent en bordure de falaise lorsque l'on surfe dans une baie par exemple.  
 
De même, l'observation des autres surfeurs permet de prendre la mesure du courant : les surfeurs dérivent rapidement vers la gauche, j'ai tout intérêt à contourner le banc de sable loin par la droite pour éviter d'être rabattu avant d'avoir pu gagner le large.
Dans les Landes, les courants de baïne connectent généralement en un courant latéral nord-sud, gagner le pic nord depuis la baïne sud va souvent s'avérer épuisant car il va falloir remonter face au courant. En passant par le nord, le courant conduit naturellement le surfeur vers la zone des vagues, sans qu'il ait à forcer.
 
 

Identifier les obstacles, humains et naturels


Sur les plages principales de Capbreton, les baïnes sont peu marquées, la plage forme un banc de sable quasi rectiligne, parallèle au trait de côte. Les vagues cassent près du bord, il est physiquement possible de rentrer n'importe où à l'eau, sauf conditions agitées. Toutefois, si un groupe de surfeurs attend au large en un point précis, il est plus judicieux de les contourner, de passer dans un couloir libre de surfeurs, afin de ne pas les gêner et pour sa sécurité.
 
Bien sûr, un décrochement subtil du banc de sable, l'indice des tâches de jus, une digue fournissent des indices pour faciliter le passage. Les attroupements humains constituent un danger, les épis rocheux, falaises, rochers de surface, blockhaus en constituent un autre : il faut observer la force et le sens du courant pour éviter d'être rabattu sur l'un de ces obstacles.
 
 

 

Les cinq règles d'or 

 

D'après l'observation des paramètres précités, définir une stratégie d'entrée à l'eau en tenant compte de quelques règles :
 

      Je ne lutte jamais contre le courant, je l'utilise : pour passer la barre, pour gagner le pic, pour préserver ma sécurité. Par exemple, si le courant me déporte vers un épis rocheux, que ce dernier est proche et que je suis à bout de forces, je laisse le courant m'emporter au delà de l'obstacle et sors de l'eau sur la plage suivante. 

 

      Je ne panique pas : combien de surfeurs escaladent ces mêmes épis rocheux battus par les vagues, paniqués, exténués, alors qu'il leur eut suffi de laisser le courant les déposer au delà de la zone de danger. 

 

      J'évalue les risques par rapport à mon niveau technique et ma condition physique : comme tout sport de nature, arrive un moment où le surfeur doit s'incliner devant l'élément. Lorsque vent, vagues et courant sont plus puissants que d'ordinaire, il serait prudent de questionner ses capacités avant de se jeter à l'eau. Il existe peut-être des spots de repli, moins hostiles.

 

      J'anticipe les risques et les contraintes : si je surfe dans une baie et que la côte est ensuite barrée par des falaises infranchissables, je ne peux me permettre d'être emporté par le courant car je ne trouverai-là aucun abri pour sortir de l'eau. Aussi, je commence à ramer vers la plage bien avant d'atteindre le point critique, afin d'anticiper la dérive latérale. Le surfeur ne pense pas toujours à la sortie de l'eau, lorsqu'il sera fatigué. 

 

      Pour gagner du temps et de l'énergie, je demande conseil auprès de ceux qui connaissent, surfeurs, professionnels, écoles de surf.

 

 

L'entrée et la sortie de l'eau 

 

 
 

Par temps calme ou drapeau vert, les phénomènes de courant et de shore break sont réduits à leur minimum. Par contre, lorsque la mer est agitée, la zone du bord peut devenir une zone à risque.

 

La baïne, endroit indiqué pour passer la barre, du fait que le fond y tombe de manière abrupte, offre aussi quelques contraintes : passés les premiers mètres, le surfeur ne rencontre plus aucune vague. En outre, spécialement par mer forte, une vague de bord casse directement sur le sable. Il convient alors d'entrer et de sortir de l'eau au bon moment, entre deux séries de vagues.

 

Dans les baïnes, endroit de la plage où la pente est la plus abrupte, la baignade est souvent dangereuse car les vagues tour à tour frappent le baigneur et l'empêchent de remonter sur la plage.Le surfeur qui est rentré au mauvais moment ne pourra faire le canard pour passer sous les vagues, du fait de leur puissance en une zone où l'eau se retire presque complètement. Le risque là est que la planche, en faisant des va et vient au rythme des vagues, ne lui revienne dessus, porté par l'alternance vague-courant.

 

Il en va différemment pour le banc de sable : ce dernier s'étire en pente douce vers le large, si bien que les vagues roulent du fond vers le bord en perdant de la puissance et arrivent sur le sable sous forme de mousse. Toutefois, à marée haute, le banc de sable peut lui aussi connaître une vague de shore break qui vient briser avec force sur le sable.

 

La sortie de l'eau doit donc elle aussi être anticipée : le courant, l'évolution de la marée vont faire que le surfeur ne sortira pas toujours à l'endroit idéal. S'il atterrit en zone de shore break, il doit pour sortir de l'eau attendre à un mètre du bord le moment le plus calme. Une technique consiste alors à ramer dans le sillage de la vague avec un temps de retard pour être déposé par l'ondulation sur le banc de sable. Il est conseillé de s'essayer à cette technique tout d'abord sans la planche, dans de petites conditions, car cela requiert un minimum d'aisance aquatique.

 

Lorsque la plage est constituée de rochers, la zone d'entrée et de sortie de l'eau est souvent circonscrite et le timing doit être parfait, sous peine d'être rabattu sur la roche.

 

 

Le retour au pic


La prise de vague porte naturellement le surfeur vers le bord ainsi que sur les côtés du banc de sable. Par petites conditions, un bon surfeur peut effectuer des canards et passer la barre n'importe où, sans grande difficulté. Aussi sera-t-il parfois tenté, alors qu'il vient de prendre une vague, de repartir au pic par le chemin le plus court, celui de la vague.
 
En faisant cela, il va peut-être remonter au pic en un temps record, mais par là même, il va gêner les surfeurs évoluant sur les vagues car il sera en plein sur la ligne de déferlement.
 
Pour ne pas être un boulet mais aussi pour éviter de se faire percuter, il est conseillé, si possible, de contourner la zone de déferlement, lors de la mise à l'eau mais aussi durant la session.
 

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